Depuis des millénaires, le safran entre dans la composition de nombreux aphrodisiaques, élixirs et charmes et philtres d'amour. Il avait la réputation d'être sensuel et aphrodisiaque dès l'Antiquité et Homère dans l'Iliade en faisait le lit des amours charnels de Zeus et Rhéa. Il était également cher au coeur de Sappho la poétesse grecque de Lesbos: " Faut-il te rappeler les heures douces que nous avons vécues ensemble? ...les couronnes de violettes, de roses et de crocus entrelacées, tout ce que tu mettais près de moi...? et ce fier parfum? ce parfum royal que tu répandais sur les jolies ( boucles de tes cheveux )... "

Dioscoride et Pline le disaient propre à "exciter à l'amour".

Alexandre de Tralles, médecin de Byzance mit au point les fameuses pilules de cynoglosse, à base de safran, de cynoglosse dont le nom signifie "langue de chien"( de kuôn chien et glôtta, langue, parce que les feuilles sont douces, longues et molles) finement hachée, mélangée à de l'opium, et de la myrrhe, traitement miracle pour les quintes de toux, et surtout pour les messieurs d'un certain âge que des excès de toute nature avaient conduit à des difficultés d'émission. Ce traitement pour la rétention était radical au-delà de toutes espérances. De toute façon les malheureux vieillards qui y avaient recours se retrouvaient tellement sur le flanc et dans les vapes que l'on peut se demander dans quelle mesure ces messieurs avaient encore la force et l'envie de se livrer à la luxure. Ce remède a eu une longue postérité. Le safran entrait également dans le cynoglosse d'Ambroise Paré avait à base de cynoglosse sédative, d'opium, de jusquiame noire, d'encens et de myrrhe.

Roger Bacon, surnommé le " Docteur admirable " avait décrété que le safran retarde les effets du vieillissement, si bien que quand on en planta au 14e siècle dans le comtat Venaissin, la cour pontificale, soucieuse sans doute de ne pas vieillir en quelque domaine que ce fût, en fit grand usage.

De nos jours, les phytothérapeutes continuent à le recommander en cas d'impuissance et de frigidité chez les femmes anémiées et lympathiques.