« An apple a day keeps the doctor away » (une pomme par
jour tient les docteurs à l’écart) disent à juste
titre les Anglais. Diurétique, riche en sels minéraux, fer,
phosphore, potassium, sodium, en acides organiques, acide malique, citrique
et cellulose, la pomme est aussi riche en vitamines C, B et PP. La plupart
des éléments intéressants pour faciliter la digestion
et les vitamines se trouvent dans la peau, que l’on peut manger avec profit
une fois lavée. La teneur en vitamine C est très variable
d'une variété à l'autre, la reinette en serait la
mieux pourvue, ainsi que la « Calville », hélas devenue
rare. Cette dernière en contient deux à trois fois plus que
les variétés américaines comme la « Golden Delicious
» ou la « Coxs’Orange ».
Les fibres solubles de la pomme sont très bien tolérées
par l'organisme et permettent de régulariser en douceur le transit
intestinal. La chair renferme de la cellulose et a des propriétés
laxatives et diurétiques. Mais même laxative, la pomme, râpée
et laissée à l'air ambiant une dizaine de minutes ou cuite,
peut lutter contre les diarrhées grâce à la pectine
qu’elle contient. Au cours de la première guerre, des cures de pommes
venaient à bout de certaines dysenteries.
La pectine qu’elle contient fait aussi de la pomme un bon anticholestérol.
Des études scientifiques ont démontré que la consommation
de deux pommes par jour entraîne une baisse significative du taux
de graisse dans le sang, du cholestérol, et un meilleur rapport
bon cholestérol / mauvais cholestérol, et ce d'autant plus
qu'elles sont mangées avec la peau..
Les dentistes recommandent de manger une pomme par jour, surtout le
soir, pour avoir de belles dents. L’acide oxalique blanchit les dents.
L'apport de fluor, 0,2 mg par pomme, renforce l'émail des dents.
La silice qu’elle contient en fait un fortifiant des ongles et des
cheveux.
Contre les fis, les hémorroïdes, voici un remède
venu des Deux-Sèvres: " pour faire passer les fis, on coupe une
pomme en quartiers de roi; puis on fait saigner les fis, on met du sang
dans l'intérieur de la pomme, on la referme, et on la met dans la
terre; quand la pomme sera pourrie les fis seront partis."
Elle purifie l’haleine.
Grâce à ses tanins, elle prévient l’apparition
des calculs.
Peu calorique (40 calories/100g), c'est aussi un excellent coupe-faim.
Le fameux « trou normand », le petit verre de Calvados
que l’on avale au milieu d’un repas plantureux pour « faire de la
place » a fait ses preuves. L’acide malique qu’il contient provoque
un afflux biliaire qui libère l’estomac des graisses qui l’encombrent.
Infusion:
Une infusion obtenue en faisant bouillir un quart d’heure deux ou trois
pommes coupées en quartier avec les pelures dans un litre d’eau
avec éventuellement un peu de réglisse guérit l’inflammation
des intestins, est diurétique et anti-acide urique.
Jus:
Il est recommandé en cas de colibacillose, arthrose, calculs
urinaires.
Beauté:
Mangez des pommes pour avoir un joli teint !
Contre les brûlures dues aux coups de soleil, nos aïeules
utilisaient une " pommade " faite de pomme cuite dans son jus mêlée
à de l'huile d'olive. Des masques de fines lamelles de pommes soulagent
les coups de soleil.
Médecine populaire:
La pomme était la base d'innombrables onguents, les pommades.
L'infusion de pommes, faite de pommes coupées en lamelles avec
leur peau était un remède traditionnel contre l'insomnie.
De même l'infusion de fleurs de pommier était donnée
comme sédatif. Le jus de pomme avait la réputation de favoriser
le sommeil des jeunes enfants et de calmer leurs terreurs nocturnes.
La pomme était très utilisée contre les verrues
et les hémorroïdes dans des pratiques qui relèvent plus
de la magie sympathique que de la médecine. Un Recueil de remèdes
de 1750 donne cette recette: " Prenez une pomme, et la coupez par moitié,
frottez la verrue avec la pulpe interne de cette pomme, jusqu'à
ce qu'elle devienne comme tiède par le mouvement de la friction;
enfilez ensemble ces deux moitiés de pomme, et conservez-les dans
un lieu bien fermé; aussitôt qu'elles commenceront à
pourrir, les verrues commenceront à guérir, et quand elles
seront tout à fais pourries les verrues seront entièrement
guéries. Que si avant d'être pourries, quelque animal les
mangeoit, les verrues ne guériroient pas."