(Malus communis, Angl: apple; All: apfel; Esp: manzana, Port: masa;
La pomme, poussait à l’état sauvage dans le sud du Caucase,
en Ouzbékistan et au Kirghizistan, les contreforts de l’Himalaya
et jusqu'au Sinkiang chinois.
Les pommiers sauvages, très résistants, peuvent être
cultivés pratiquement n’importe où, hormis en zones inondées.
Ils poussent dans les haies et donnent des fruits plus petits et plus colorés
que ceux des variétés cultivées. Leurs fruits très
âpres sont immangeables crues, mais font de bonnes gelées.
Nos pommes actuelles (Malus communis)Il y a plus de 7000 variétés
sont le résultat de nombreuses sélections et hybridations
entre Malus pumila, Malus sylvestris, parfois épineux
avec des fruits verts, aigre et durs, et Malus mitis aux feuilles
plus douces et aux fruits plus colorés. Pour les botanistes les
pommes sont des piridions, il portent le vestige de la fleur sous forme
d’une rosette au pôle inférieur, et ont une encoche à
l’extrémité de leur pédoncule. Le pommier appartient
à la familles des Rosacées comme la rose, le prunier ou l’églantier.
Mais en fait, la pomme est un faux fruit: l’ovaire est soudé au
réceptacle floral et c'est ce dernier qui devient charnu; le véritable
fruit se limite au trognon. Que peut-il donc y avoir de commun entre le
fruit du pommier et celui du rosier et de l’églantier. C'est ce
que nous explique savamment Jean-Marie Pelt dans Des fruits : «
Chez ce dernier, le réceptacle en urne profonde, au sommet duquel
sont fixés les sépales, les pétales et les étamines,
gonfle au moment de la fructification et se colore souvent en rouge; à
l’intérieur, chaque ovaire donne un petit fruit sec et piquant surmonté
d’un style allongé, l’ensemble formant le cynorhodon ou «
gratte-cul ». Chez le pommier au contraire, le réceptacle
de la fleur, également une urne profonde, noie dans ses tissus gonflés
les cinq ovaires; pendant la fructification, il se transforme et devient
la chair du fruit, cependant que les parois des ovaires subissent la même
évolution, sauf la paroi interne qui durcit et devient scarieuse
(en botanique, on entend par ce mot un tissu lisse, luisant, cartilagineux
et parcheminé; on reconnaît là aisément les
petites pièces raides et dures du trognon qui se prennent dans les
dents). Une coupe transversale perpendiculaire au pédoncule montre
bien deux zones séparées par un fin liseré qui parcourt
la coupe et permet de distinguer, à l’extérieur, la chair
qui provient du réceptacle de la fleur et, à l’intérieur,
celle qui provient des ovaires noyés dans son ventre; tout au centre
se découpe nettement une étoile à cinq branches formée
par les pièces scarieuses enfermant chacune de un à deux
pépins. »
Arbres caducs, résistants pouvant atteindre jusqu'à 10m
de haut, les pommiers qui portent des feuilles généralement
pubescentes ou lisses, mais non lustrées comme celle du poirier
prennent des formes tourmentées et tordues si ils sont laissés
sans soin. Leurs fleurs blanches teintées de rose ou de rouge annoncent
le printemps.
Pour obtenir des pommes en tout point pareilles à leurs modèles,
il faut pratiquer le greffage. Si l'on plante un pépin de pomme
qui germe et donne un arbre qui frucifie au bout de quinze à vingt
ans, il produira des pommes qui n'auront pas les caractéristiques
de celle dont on a planté le pépin. Il est préférable
de planter plusieurs pommiers dans un verger car la plante n'est pas autopollinisante
et privilégie les amours adultérins. Le pollen d'un autre
pommier doit lui être amenée par le vent et surtout les abeilles.
Avec le temps on a privilégié les variétés
les plus robustes, celles qui résistent le mieux aux parasites comme
aux aléas des transports. La pomme est le fruit le plus consommé
en France et dans le Monde. Aujourd’hui en France plus d’une pomme sur
deux est une Golden que les arboriculteurs américains hybridèrent
en 1912.
Les variétés américaines représentent 80%
du marché mondial. La « Golden delicious », peu fragile
à manipuler, prolifique, donne des fruits très jeune, se
conserve toute l’année en chambre froide, à condition d’être
cueillie avant maturité. Après la guerre les pommiers français
étaient soit détruits, soit trop vieux, et on a beaucoup
planté de Golden dans les années 60, subventions à
l’appui, dans beaucoup de régions, Val-de-Rhône, Aquitaine,
Anjou notamment. La Golden a représenté jusqu'à 70%
du marché, mais depuis quelque temps on sent un regain d’intérêt
chez les consommateurs pour d’autres variétés plus anciennes,
mais plus fragiles comme la Macintosh canadienne, la calville d’Europe,
la reinette grise ou dorée, la cardinale, la Cellini anglaise et
tant d’autres. La pomme est l‘objet de recherche scientifique et de nouvelles
espèces gala, elstar sortent des laboratoires de l’INRA.
Depuis plusieurs années des associations et des bénévoles
essaient de préserver le espèces locales, établissent
des inventaires, créent des vergers conservatoires, donnent des
cours de greffage et de taille. Il faut bien reconnaître que si plusieurs
centaines de variétés sont disponibles chez les bons pépiniéristes,
une douzaine sont commercialisées.
Les pommes à cidre améliorées (Malus acerba),
ne sont pas les même que les pommes de table. On ne peut pas faire
de cidre avec n’importe quelle pomme. Elles sont toujours produites sur
des porte-greffes vigoureux ou à partir de jeunes plants et leurs
branches doivent être protégées des animaux en pâture.
Elles portent des noms évocateurs « Peau de vache »,
« Moulin à vent », « Noël Deschamps »,
« Rat d’or », « Gros matois », « Antoinette
», « Michelin ».
Russe: iablokaa, Polonais: jbalko; Hongrois: almaa. Turc: alma)
Le saviez-vous?
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