Mythologie gréco-romaine:
Le pin était consacré à Cybèle, déesse de la fécondité, il représentait le corps du double masculin de la déesse, Attis, le dieu de la végétation, castré, mort et ressuscité sous la forme d'un pin parasol, en même temps que le renouveau de la nature. Lors des fêtes de Cybèle, au moment de l'équinoxe de printemps, " l'arbre de mars ", un pin, était abattu avec une hache consacrée et transporté au temple de Cybèle par les dendrophores, les porteurs d'arbres. Ce pin représentant Attis mort était enveloppé de bandelettes mortuaires comme un cadavre et enrubanné de guirlandes de violettes, les dernières fleurs de l'hiver, nées du sang versé par Attis. Les fidèles veillaient et jeûnaient jusqu'au réveil du dieu de son long sommeil de mort, réveil salué par des réjouissances.

Les Orphiques de Delphes vouaient à Dionysos un culte où le dieu mourait dévoré et mis en pièces par les Titans, puis renaissait , symbolisant l'éternel retour de la végétation et de la vie. Or, Dionysos tient souvent dans la main une pomme de pin en guise sceptre qui représente là encore la fécondité et l'exaltation de la puissance vitale.

La pomme de pin est aussi l'attribut du dieu de la médecine, Asclépios pour les Grecs, Esculape pour les Romains à qui on offrait des pignons et du miel.

C'est Thésée qui vînt à bout de Sinnis, le fils du dieu de la mer Poséidon. Ce géant surnommé Pityokampes, le " courbeur de pins " s'emparait des voyageurs qui traversaient les forêts de l'isthme de Corinthe et les écartelaient en les attachant à deux pins qu'il avait courbés jusqu'au sol.

Tradition chrétienne:
L'iconographie chrétienne d'est emparé de cet ancien symbole de fécondité pour en faire un symbole de chasteté et de virginité que l'on retrouve dans les mains de certaines vierges romanes. On en voit beaucoup dans les sculptures de baptistères, la décoration de chaires ou de chapiteaux de colonnes, sans oublier les cônes qui ornent la célèbre cour de la Pigna au Vatican.

Asie:
En Extrême-Orient le pin est également un symbole de la puissance vitale, et de l'immortalité. Il a inspiré les peintres chinois et japonais dans des oeuvres aux noms évocateurs tel que En écoutant le vent parmi les pins, accompagnés de courts poèmes comme celui-ci:

" Planter des pins
c'est créer de la beauté,
et c'est montrer
le coeur de l'homme supérieur. "