Au début du 18e sècle quelqu'un prétendit que l'huile d'oeillette était narcotique, mais la faculté rendit un arrêt favorable en 1717 et le docteur Lémery affirmait que "les graines sont anodines, pectorales et adoucissantes et l'huile qu'on en tire est bonne à décrasser et à adoucir la peau." Cela n'empêcha pas d'entraîner une certaine désaffectation des consommateurs. Le parlement en interdit même la vente en 1742, mais cet arrêt fut cassé en 1744 grâce aux travaux de l'abbé Rozier.
Le docteur Cazin au 19e siècle la jugeait comme un bon laxatif "dont quelques onces suffisent à déclencher plusieurs selles." De fait elle était utilisée depuis fort longtemps dans nos campagnes comme remède à la constipation et comme adoucissant dans les inflammations de la vessie. En compresses, elle servait à traiter les ulcères et les inflammations.
L'huile d'oeillette tirée des graines noires du pavot est très adoucissante, et calme les gerçures, les engelures. Elle contient une substance riche en phosphore, la lécithine. Peu utilisée en cuisine, elle serait pourtant aussi agréable qu'utile aux personnes qui ont trop de cholestérol ou ont des problèmes de foie.