(Olea europea; Angl: olive; Esp: oliva, aceituna; Arabe: zeitoun)
Les olives sont des drupes à noyau dur qui poussent en grandes
quantité sur des arbres souvent centenaires. Fruits de nombreuses
greffes et sélections, ils n'ont cessé d'évoluer au
cours des millénaires. Les oliviers vivent très vieux et
l'on débat toujours pour savoir si les oliviers du jardin de Gethsémani
sont ceux que le Christ a vu pendant son agonie. Même s'ils s'agit
de souche de deuxième génération, on peut dire que
leur souche a plus de deux mille ans, ce qui en fait des contemporains
du Christ. Certains arbres de Palestine, de Gèce ou de Sicile ont
plus de trois mille ans. Lorsque le tronc disparaît des rejets apparraissent
à la base qui donneront un nouvel arbre, ce qui lui assure cette
réputation d'arbre immortel.
Les espèces sauvages, ou oléastres, comme celles que
l'on trouve abondamment dans la nature en Méditerranée comme
en Espagne et en Algérie où ils forment de véritables
forêts et au Moyen-orient, sont des arbrisseaux buissonnants épineux
avec des feuilles plus arrondies.
Les oliviers cultivés, encore appelés olivier franc,
boutaillon, bouteillon, baucellaou, mauraou
ou ampalaou, prospèrent sur des sols relativement arides
où presque aucune autre plante ne pousse. Ces arbres noueux et tordus
de la famille des Oléacées comme le frêne ou le lilas,
peuvent atteindre 10 à 20 mètres de haut. Leurs troncs trapus,
creusés, se divisent en grosses branches tortueuses et tourmentés
puis en rameaux fins qui portent des feuilles longues, persistantes, opposées
deux à deux, vertes foncées brillant sur le dessus et blanches
et argentées par-dessous. Ces feuilles restent de tente à
trente six mois sur l'arbre avant de jaunir et de tomber. Les fleurs blanches,
écloses en mai-juin, qui ne portent que deux étamines comme
les autres membres de la famille des Oléacées sont très
discrètes et donnent des drupres vertes virant au brun noirâtre
ou parfois au blanc ivoire en en parvenant à maturité. La
récolte commence en septembre pour les variétés précoces
en vert et va jusqu'en février pour les variétés tardives
à huile.
En Méditerranée les oliviers commencent à produire
vers l'âge de 7- 8 ans donnant chacun 25 kilos de fruits, ensuite
c'est la croissance et leur production augmente. Ce n'est que de 35 à
150 ans qu'il est en pleine maturité et le plus productif. Au delà
de 150 ans, il vieillit et ses rendements sont inconstants.
La différence entre olives vertes ou noires ne vient pas de
la diversité ses variétés mais du degré de
maturation des fruits récoltés. Les olives vertes qui représente
60% du marché sont cueillies avant la maturation complète.
Les olives noires ne sont ramassées que lorsqu'elles sont parfaitement
mûres, puis mises en conserve ou pressées pour obtenir de
l'huile. Quand aux olives rougeâtres elles sont cueillies entre les
deux.
Immangeables crues, acerbes et trop amères en raison d'un glucoside
amer, l'oleuropéine quelles contiennent, il faut les traiter par
immersion des fruits dans une solution alcaline, généralement
de la soude. Lorsque elles ont été soit ramassées
au sol, soit cueillies, soit gaulées et récupérées
sur des bâches, des filets ou des matelas de polyéthylène,
elles sont effeuillées et triées selon leur grosseur, leur
qualité, et selon qu'elles finiront en conserve ou à l'huile.
Les olives vertes que l'on récolte en septembre sont mises dans
une lessive composée de quatre parties de cendre de bois pour une
partie de chaux; elles y restent le temps que le noyau se sépare
facilement de la pulpe et qu'elles virent au jaunâtre, ensuite on
les lave dans de l'eau renouvelée pendant quatre à cinq jours
pour les débarrasser de leur alcalinité. Enfin, on les conserve
dans une saumure comprenant 60 gr de sel pour 800 gr d'eau. Mais il y a
d'autres façons de procéder autant sur le mode artisanal
qu'industriel.
Les olives noires cueillies à pleine maturité quand elles
sont ridées ont un temps de désamérisation plus court
et séjournent moins longtemps dans la soude. Elles sont saupoudrées
de sel puis séchées au soleil sur des claies que l'on secoue
trois ou quatre fois par jour pendant une semaine avant d'être placées
dans des récipients de grès pleins d'huile. Pour les olives
à huile on les laisse d'abord se reposer pour qu'elles s'échauffent
sans fermenter. On les lave, on les broie sans les dénoyauter pour
obtenir une pâte d'olive onctueuse et bien mélangée
que l'on malaxe dans des bacs à pâle. Généralement
à l'aide de presses hydrauliques, on sépare la partie
sèche de la pâte qui comprend les noyaux, la pulpe et la peau
de la partie liquide faite d'huile et d'eau. Huile et eau sont alors dissociées
par décantation, l'huile remontant à la surface. Celle-ci
est alors filtrée pour éliminer les particules solides en
suspension. On obtient alors l'huile vierge, ou " mère-goutte "
produit de la première pression à froid.
Répandues dans tout le bassin méditerranéen, les
espèces cultivées le sont aussi aux Etats-Unis, notamment
en Californie, en Australie, en Afrique du Sud et en Chine. Les premiers
plants d'oliviers sont arrivés en Amérique avec les conquérants
espagnols et portugais.