L'oignon a souvent été qualifié de bulbe de vie.

Ancienne Egypte:
Pline dit que les Egyptiens juraient par l'ail et l'oignon, comme ils le faisaient par les noms de leurs dieux. Ils pensaient que l'oignon abritait des dieux et en faisaient parfois le symbole d'Isis. Juvénal, resté sans nul doute insensible à ce message d'immortalité, ironisait avec verve et férocité sur ces " bulbes de vie ". " Qui ignore... quelles merveilles vénèrent ces fous d'Egyptiens? Il est sacrilège de profaner le poireau et l'oignon ou de porter la dent dessus? O saintes gens dans les jardins desquelles poussent ces divinités! ", disait-il.

Inde:
Ramakrishna compare la structure feuilletée du bulbe qui n'a pas de noyau à la structure même de l'ego. L'expérience spirituelle permet de se défaire couche par couche de toutes les protections que nous nous fabriquons, de toutes les enveloppes extérieures qui nous enserrent, jusqu'à l'expérience de la vacuité et de la fusion au Brahman, l'Absolu. Le bouddhisme voit aussi dans l'épluchage de l'oignon, la destruction, l'abandon, pas à pas des mécanismes de défenses de l'ego jusqu'au " lâcher prise  de l'ego".

Russie:
C'est bien parce que l'oignon est un " bulbe de vie " qui conserve la vie en période hivernale, un symbole de vie éternelle, qu'il a donné sa forme aux clochers des églises slaves. C'est la raison de la forme des clochers qui sous l'influence autrichienne en Europe occidentale se retrouve jusque chez nous en Savoie ou en Franche-Comté par exemple.

France: Au Moyen Age, l'oignon était une plante quasi sacrée. Dans son Tableau de l'inconstance, Pierre de Lancre raconte que les sorciers pouvaient jeter un sort sur n'importe quel végétal du potager à l'exception de l'oignon sur lesquels ils n'avaient pas la moindre prise, parce que le dieu qui y résidait était plus puissant que le diable.

Une secte d'adorateurs de l'oignon s'est consacrée au culte de l'oignon. Elle fut crée en 1929 à Chamant dans l'Oise par un certain François Thomas et compta bientôt plusieurs milliers de membres en faisant connaître son enseignement en chantant des cantiques à la gloire du bulbe divin et diffusant le Petit Livre du Seigneur.