L'oignon a souvent été qualifié de bulbe de vie.
Une secte d'adorateurs de l'oignon s'est consacrée au culte
de l'oignon. Elle fut crée en 1929 à Chamant dans l'Oise
par un certain François Thomas et compta bientôt plusieurs
milliers de membres en faisant connaître son enseignement en chantant
des cantiques à la gloire du bulbe divin et diffusant le Petit
Livre du Seigneur.
Ancienne Egypte:
Pline dit que les Egyptiens juraient par l'ail et l'oignon, comme ils
le faisaient par les noms de leurs dieux. Ils pensaient que l'oignon abritait
des dieux et en faisaient parfois le symbole d'Isis. Juvénal, resté
sans nul doute insensible à ce message d'immortalité, ironisait
avec verve et férocité sur ces " bulbes de vie ". " Qui ignore...
quelles merveilles vénèrent ces fous d'Egyptiens? Il est
sacrilège de profaner le poireau et l'oignon ou de porter la dent
dessus? O saintes gens dans les jardins desquelles poussent ces divinités!
", disait-il.
Inde:
Ramakrishna compare la structure feuilletée du bulbe qui n'a
pas de noyau à la structure même de l'ego. L'expérience
spirituelle permet de se défaire couche par couche de toutes les
protections que nous nous fabriquons, de toutes les enveloppes extérieures
qui nous enserrent, jusqu'à l'expérience de la vacuité
et de la fusion au Brahman, l'Absolu. Le bouddhisme voit aussi dans l'épluchage
de l'oignon, la destruction, l'abandon, pas à pas des mécanismes
de défenses de l'ego jusqu'au " lâcher prise de l'ego".
Russie:
C'est bien parce que l'oignon est un " bulbe de vie " qui conserve
la vie en période hivernale, un symbole de vie éternelle,
qu'il a donné sa forme aux clochers des églises slaves. C'est
la raison de la forme des clochers qui sous l'influence autrichienne en
Europe occidentale se retrouve jusque chez nous en Savoie ou en Franche-Comté
par exemple.
France:
Au Moyen Age, l'oignon était une plante quasi sacrée.
Dans son Tableau de l'inconstance, Pierre de Lancre raconte que
les sorciers pouvaient jeter un sort sur n'importe quel végétal
du potager à l'exception de l'oignon sur lesquels ils n'avaient
pas la moindre prise, parce que le dieu qui y résidait était
plus puissant que le diable.