Dans les campagnes le suc de brou de noix vert était réputé contre les verrues et la teigne.
L'huile de noyer que l'on préférait vieille d'un an et un peu rance pour l'usage médicinal, était recommandée contre la conjonctivite, les engelures, sur les brûlures et bobos qui cicatrisent mal et avait la réputation d'être souveraine contre le ténia, le ver solitaire, la gravelle et les coliques néphrétiques.Dans les campagnes, on l'utilisait mêlée à part égale avec de l'eau de chaux pour soulager et guérir les brûlures.
Les feuilles de noyer étaient conseillées contre le rachitisme, le lymphatisme, le diabète, la tuberculose et pour sogner les malades atteints du charbon. En lotions, compresses et injections, la décoction de feuilles de noyer, riches en tanins et principes quinoniques, était utilisée pour laver les ulcères, pour soigner la leucorrhée et la métrite chronique, les diarrhées, l'artériosclérose, la goutte, les eczémas chroniques, les maladies de peau, les croûtes de lait, les ulcères et les plaies variqueuses. En compresses, elle était appliquée sur les paupières enflammées, les points douloureux de rhumatismes et de goutte. D'après les Russes qui en font toujours grand cas, elle est également excellente contre les furoncles.
L'infusion de feuilles de noyer stopperait la chute des cheveux et les pellicules, mais attention, elle tache! De plus, elle est réservée aux bruns en raison de son pouvoir colorant. Elle fonce la couleur des cheveux, autant que la camomille les éclaircit. Albert le Grand, surnommé le " docteur universel " au 13e siècle pour l'étendue de ses connaissances dit que " Dieu a fait un grand secret dans les coquilles de noix; car si on les fait brûler, qu'on les pile et qu'on les mêle avec du vin et de l'huile, elles entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber ". Il affirme également qu'une noix brûlée appliquée sur le nombril d'une femme qui vient d'accoucher soulage les contractions de l'utérus, "apaise toutes les tranchées des femmes, que les sage-femmes appelent douleurs de matrice." Il dit aussi que "Les entre deux-noix, quoique qu'on ne les mange pas, ont une vertu cachée et souveraine pour guérir toutes sortes de coliques, détrempés avec du vin blanc et bus dans la douleur. Dioscoride dit que ces entre-deux noix, étant brûlés, réduits en poudre et mêlés avec du vin, si on les applique sur le nombril arrêtent les menstrues des femmes ." Il se montre tout aussi dithyrambique sur l'huile et le brou de noix pour lequel il fait aussi référence à l'autorité des Anciens: "Je ne m'étendrai pas beaucoup beaucoup sur l'huile que l'on fait des noix; on a nouvellement trouvé qu'il n'est rien de plus excellent dans la médecine que l'huile de noix, faite au soleil avec des fleurs de sureau, pour guérir les nerfs offensés, piqués ou coupés. Quoique l'on méprise la coquille de dessus quand elle est verte, Galien en fait un suc, lequel étant cuit avec du miel, guérit toutes sortes de maux du gosier, quand même il y aurait du flegme ou du pus. Les Arabes et les Grecs appellent cette préparation diacarion".
Mais attention, si vous surveillez votre ligne, les noix renferment 650 calories pour 100 g soit à peu près le tiers des besoins d'une femme sédentaire. Elles sont donc très caloriques, très riches en matière grasse (jusqu'à 57% dans les noix sèches) et en outre sont difficiles à digérer, surtout quand elles sont sèches.
Les scientifiques nous prendraient-ils pour des noix ou ne seraient-ils pas en train de nous ressortir en douce une resucée mise au goût du jour de l'antique théorie des Signatures qui associe noix et cerveau ! Ou alors la sagesse populaire aurait-elle su anticiper la démonstration scientifique ?
Médecine ancienne et populaire:
Le brou de noix était considéré vermifuge, dépuratif, tonique et stomachique. En l'épaississant avec du miel, on préparait un sirop, le rob nucum, très renommé contre les maux de gorge, les inflammations et abçès des agmydales. On l'utilisait jadis contre la syphillis. Il entrait dans la composition de la tisane de Pollini, appelée aussi décocté de brou de noix composé, contre le "mal napolitain" et autres maladies vénériennes avec de la salsepareille et la squine, de l'antimoine et de la pierre ponce pulvérisée.
Décoction:
Les décoctions de feuilles sont utilisées en gargarisme, injections vaginales, ou pour l'entretien des cheveux bruns. Les tanins et la juglone du noyer et du brou ont des propriétés antiseptiques et cicatrisantes. On prépare à partir du brou des pommades contre diverses dermatoses.
Un aliment énergétique:
La nature fait bien les choses quand elle nous apporte en plein hiver alors qu'on a besoin de calories pour lutter contre le froid ces concentrés d'énergie que sont les fruits secs. Les noix sont le fruit sec le plus nutritif. Elles contiennent outre des protides et des glucides, des vitamines A, B1, B2, B5, PP et des sels minéraux, du zinc, du cuivre, du phosphore qui est un constituant des os et nous fait " phosphorer " par son action sur les cellules nerveuses. Elles sont riches en fibres solubles(6 g pour 100 g, notamment des pectines). Elles renferment vingt pour cent d'albumine, mieux assimilée par l'organisme que l'albumine d'origine animale et une dose élevée d'acide folique (155 mg pour 100 g). Reconstituantes, elles sont à recommander aux anémiques, aux convalescents, aux enfants et aux vieillards.
Sus aux idées reçues!
Oui! Les noix sont un aliment de l'effort, faciles à manger au cours d'activités physiques en plein air, mais de là à dire qu'elles peuvent remplacer la viande, il y a une sacrée marge. Les protéines de la noix peuvent être complémentaires des protéines animales, mais n'ont pas les même qualités que celles-ci. Les acides aminés essentiels de la noix sont nettement moins bien équilibrés que pour les produits d'origine animale, car ils sont déicients en méthionine ( comme le soja) , en lysine (comme les céréales), en cystine (comme les légumes secs). La viande contient en moyenne 10 g de graisses saturées (les mauvaises) pour 100 grammes, mais les noix contiennent six fois plus de graisses même si ce sont des polyinsaturées, (les bonnes) et ont une valeur calorique 3 fois supérieure à la viande.
Acides gras:
Les lipides de la noix contiennent peu d'acides gras saturés, mais une forte proportion d'acides gras polyinsaturés (plus de 44%), notamment des acides linoléniques et des acides alplhalinoléniques (acides gras triplement insaturés) que l'organisme humain est incapable de synthétiser et qui jouent un rôle important dans la prévention des maladies cardio-vasculaires en abaissant le taux de cholestérol et en protégeant les parois des vaissaux sanguins et sont indispensables à la constitution de la rétine et au bon fonctionnement des cellules du système nerveux, surtout celles du cerveau. Les acides alphalinoléniques dont la carence dans la ration alimentaire lèsent le cerveau ne se trouvent en quantité intéressante que dans les noix, les huiles de colza et de soja.