(Juglans regia; Angl: walnut; All: walnus; Ital: noce; Esp: nuez de nogal)

Le noyer, appelé aussi noyer royal ou noyer commun, est originaire des régions tempérées de l'Asie du sud-ouest, et de l'Europe du sud-est. C'est un grand arbre majestueux au tronc épais et aux grosses branches, à l'écorce grise et lisse, qui peut atteindre 25 à 30 mètres de haut pour un diamètre de 1,50 à 3 mètres.

Il appartient à la famille des Juglandacées dont le nom vient du latin juglans, noix, dérivé de Jovis glans, c'est-à-dire le " gland de Jupiter ". Le noyer a de grandes feuilles ovales pétiolées, glabres, d'un vert brillant en dessus, plus clair en dessous. Elles sont aromatiques et dégagent un parfum agréable quand on les froisse. Les fleurs sont vert clair. Les fleurs mâles sont des chatons retombant et les fleurs femelles sont disposées en bouquet aux extrémités des rameaux. Le noyer n'est pas auto-fertile, et il faut au moins deux arbres placés ensemble à quelque distance l'un de l'autre pour une bonne fertilisation.

Le noyer porte des fruits au bout de dix ans. Ses fruits, les noix, sont des drupes ovoïdes dont le brou vert, l'enveloppe externe (épicarpe et mésocarpe), se détache à maturité. La coque ligneuse à deux valves, l'endocarpe, possède un sillon médian et une cloison externe et contient une graine quadrilobe, qu'on appelle le cerneau.

Dès l'Antiquité, les agriculteurs, et Pline avec eux, n'avaient pas été sans remarquer à quel point le noyer est mauvais voisin et fait de l'ombre aux autres plantes, malingres ou inexistantes sous cet arbre. C'est pourquoi ils préféraient les planter le long des routes et des chemins, en bordure des champs, suffisamment à l'écart des autres cultures. Dans la guerre féroce que se livrent les végétaux pour avoir leur place au soleil, souvent au détriment des autres espèces, le noyer dispose d'une arme chimique redoutable. Il suffit qu'il pleuve, et que de l'eau ruisselle sur ses feuilles ou son tronc et de là tombe sur le sol pour que se répande de la juglone. Ce composé actif est alors oxydé et se transforme en hydroxyjuglone qui freine impitoyablement la germination et la croissance des autres plantes.

Au 20e siècle, l'américain Luther Burbank, responsable à lui seul de l'introduction dans son pays plus de 800 nouvelles plantes, fut à l'origine du formidable essor de l'horticulture moderne et de l'amélioration des espèces, au prix de quelques expériences curieuses. Ainsi, il fit pousser des noix aux coquilles tellement fines qu'un oiseau pouvait les picorer comme des cerises. Il produisit un noyer si gigantesque et vigoureux que ses branches endommagèrent les lignes téléphoniques, ce qui lui valut quelques démêlés avec la compagnie des téléphones. Toujours est-il qu'aujourd'hui grâce à ses efforts et à ceux d'autres chercheurs, les États-Unis sont le premier producteur mondial produisent dix fois plus de noix que la France. Les excellentes variétés de noix développées en Californie ne sont malheureusement pas adaptées au climat français en raison de leur floraison trop précoce. Les chercheurs de l'INRA ont donc retroussé leurs manches et travaillent par hybridations essentiellement à partir de la noix de Franquette pour obtenir des variétés à floraison tardive afin d'éviter les risques de gelées ou des variétés résistant aux parasites et pour améliorer la qualité et la productivité.