Mythologie gréco-romaine:
Autrefois consacré à la déesse de l'amour Aphrodite (Vénus ) et symbole de l'amour et protecteur de la vie sentimentale, le myrte avait chez les Grecs et les Romains la réputation de faire rajeunir et il servait aussi aux couronnes de mariage, et à décorer les salles de banquet pour les mariages à Rome. Les fleurs de myrte d'un blanc très pur leur valaient d'être un symbole de virginité.
Au cours des festins, une branche de myrte passait de main en main et c'était pour chaque convive une invitation à chanter des vers érotiques. Le myrte est resté dans la tradition littéraire un emblème de l'amour et de ses plaisirs, et de la poésie amoureuse.
Le myrte symbolisait aussi la victoire dans la mesure où elle avait été obtenue sans effusion de sang, ce que sous-entendaient les fleurs d'un blanc sans tache. Dans la hiérarchie des décorations, les couronnes de myrte venaient après les couronnes de laurier. Ceint d'une couronne de myrte, le vainqueur montait au Capitole et y sacrifiait une brebis sous les applaudissements de la foule.
Tradition perse:
Mentionné dans l'Ancien Testament et maints auteurs arabes, le myrte était aussi un arbre sacré pour les Perses. Chez les Perses Sassanides, si l'arbre de vie est un cyprès, et si Zoroastre se transforma en cyprès, chaque ange ou archange de la religion mazdéenne a une fleur pour emblème. Pour Ohrmazd c'est le myrte, pour Artavahist la marjolaine, pour Shatrivar c'est le basilic, la plante royale, pour Khordat c'est le lis..., tandis que les anges féminins ont pour emblème, l'iris, la rose aux cent pétales, le safran... Les tisserands Sassanides ont largement utilisé ce langage sacré des fleurs aux combinaisons illimitées dans leurs tissus.
Tradition hébraïque:
Pour les juifs, la fête de Souccoth, la fête des Cabanes, qui suit immédiatement celle du Kippour, symbolise la présence permanente de Dieu aux côtés du peuple de Dieu pendant sa marche dans le désert après sa sortie d'Egypte, et au cours de ses épreuves. Revivant la parole divine rapportée dans le Lévitique qui dit " Tout le peuple d'Israël habitera alors sous des tentes ou des abris ", les fidèles s'abandonnent à la protection divine et réaffirment leur totale dépendance à la volonté divine, en construisant d'éphémères cabanes en feuillages. Et ils arrangent en signe de gratitude un bouquet le loulav, image de la vie dans ses multiples avatars, composé d'une palme, de trois rameaux de myrte et deux de saule. Il doivent se présenter au temple, le jour de la fête commémorant la destruction du temple de Jérusalem, en tenant et en agitant le loulav dans la main droite et avec un cédrat, l'ethrogdans la main gauche. Le loulav et le cédrat forment les " quatre espèces " qui, comme l'explique Colette Estin, dans Contes et fêtes juives, " disent la terre, la fertilité, la stabilité. La forme phallique du Loulav et celle féminine de l'ethrog ont développé l'interpétration d'une union symbolique dans laquelle s'écoule le flux divin. Dans la Kabbale, les trois brins de myrte repésentent l'amour la magnificence et la force et les deux rameaux de saule le triomphe et la beauté, le loulav est "la fondation" incluant l'énergie sexuelle et l'ethrog la royauté. Mais selon une des interprétations les plus courantes, les quatre espèces correspondent à quatre différents types de personnalité existant parmi les juifs. Le goût symbolisant la connaissance, et le parfum les bonnes actions, le cédrat représente ceux qui ont les deux à la fois; le loulav a le goût mais pas de parfum , alors que pour le myrte, c'est l'inverse: le saule, qui n'a ni l'un ni l'autre, est comme les ignorants qui ne commettent même pas de bonnes actions. Dieu a décidé qu'il était impossible d'éliminer le dernier groupe; c'est pourquoi il désire que les quatre espèces soient liées ensemble afin qu'elles se compensent l'une l'autre. "
La palme symbolise aussi la victoire, le saule l'exil d'un peuple humilié, le myrte la virginité et le cédrat l'abondance et la fécondité.