En Chine et au Vietnam, la grenade, symbole de fécondité et de prospérité, sert à l'expression des souhaits. Tout comme le raisin, la grenade a été introduite en Chine au début du 2e siècle avant J.C par le ministre Tchang K'ien à son retour d'une mission en Inde, et elle y est vite devenue un motif symbolique. Tout au long des siècles, la grenade a été un des thèmes favoris des peintres. Le motif de bon augure de la " grenade ouverte pour montrer ses graines " illustre le souhait traditionnel: " Puissiez vous avoir autant d'enfants qu'il y a de graines dans la grenade ". Il est d'usage d'offrir une grenade aux nouveaux mariés.
C'est en raison même de sa fécondité que le grenade est interdite aux Indiens de religion jaïne. Ces végétariens très stricts refusent de consommer des fruits ou des légumes qui contiennent de très nombreuses graines, donc des germes de vie, comme la grenade, la tomate, l'aubergine, etc. Les manger serait pour eux tuer de nombreuses sources de vie, et contraire au principe de ahimsa, la non-violence, valeur essentielle de leur religion.
En Inde, la grenade est un attribut de Kubera le dieu de la richesse et de Hariti qui tiennent une grenade à la main comme symbole de fécondité.
Abhirati, femme de Pancika, général de l'armée de Kubera, eut 500 enfants, mais cela ne l'empêchait pas de dévorer les enfants du royaume de Rajagriha au point d'être surnommée Hariti, c'est-à-dire "voleuse d'enfants". Appelé à la rescousse par les parents désespérés, le Bouddha cacha dans son bol à aumônes Priyankara, le plus jeune de ses fils, son préféré, histoire de lui faire ressentir au plus profond d'elle-même la douleur qu'elle causait aux autres. Elle chercha partout son fils, mais en vain et finit par supplier le Bouddha de l'aider. Celui-ci lui demanda: "Ô Hariti, pourquoi as-tu tant de chagrin alors qu'un seul de tes 500 enfants a disparu? Tu n'as jamais fait preuve de pitié quand tu dévorais les enfants de Rajagriha." Hariti se repentit, accepta de cesser de pratiquer le cannibalisme et se convertit au bouddhisme. En échange, sur le conseil du Bouddha, la population promit de lui donner à elle et à ses 500 enfants de la nourriture. On commença donc dans les temples d'Inde du Nord et du Népal, à mettre de côté une partie de son repas pour Hariti et sa progéniture. Son culte devînt très populaire en Inde, au Népal, au Tibet, en Chine, au Japon, en Asie Centrale, car elle est considérée comme protectrice des enfants (notamment contre la variole), et aussi comme une "donneuse d'enfants" et une dispensatrice de richesses.
Hadès fait manger à Coré qu'il a enlevé quelques graines de grenade avant de la laisser retourner sur terre, pour s'assurer ainsi son retour. Séduite malgré elle par Hadès, de vierge elle est devenue femme mariée, et à ce changement de statut correspond un changement d'identité. Coré devient Perséphone et désormais elle est condamnée à passer un tiers de l'année aux Enfers. Elle raconte alors à sa mère: " il m'a mis sournoisement dans la main un aliment doux et sucré... un pépin de grenade et malgré moi, de force, il m'a contrainte à la manger ".
Selon certains c'est une grenade et non une pomme que Pâris donna à Vénus, qu'Adam donna à Eve.
Grèce antique
Dans la Grèce antique, la grenade emblème d'amour et de fécondité, était un attribut d'Aphrodite. Le jour où celle-ci naît de l'écume et sort de la mer, partout où elle met le pied surgissent de la terre, fleurs, herbes et buissons, roses, narcisses, lotus bleu, menthe aquatique... Le grenadier naît à son tour quand elle pose le pied à Chypre.
Tradition juive
Lors de la fête de Tou-bi-Shevat que les sépharades appellent " la fête des fruits ", les membres de la famille prononcent des bénédictions sur les " sept espèces " dont Israël a été béni: les grenades, les figues, les raisins, les olives, le miel, le blé et l'orge. Et au moment de manger ces fruits, ils récitent des psaumes célébrant la magnificence de Dieu telle qu'elle se manifeste dans la nature.
Tradition chrétienne
Les mystiques chrétiens ont transposé ce symbolisme de la fécondité au domaine spirituel. Saint Jean de la Croix dit de la grenade dans ses Cantiques spirituels, qu'elle représente " les plus hauts mystères de Dieu, ses plus profonds jugements et ses plus sublimes grandeurs ".