Perséphone est la première victime du pouvoir de la grenade, attribut d'Aphrodite et raconte à sa mère: " Il m'a mis sournoisement dans la main un aliment doux et sucré un pépin de grenade... et malgré moi, de force, il m'a contrainte à la manger ".
De l'Afrique du Nord jusqu'en Inde, le jus de grenade a la réputation d'accroître la fécondité et d'être un antidote à la stérilité.
Dans son savoureux recueil de Recettes immorales, Manuel Vàsquez Montalbàn à propos d'une recette de Langue de porc sauce grenadine, décode à merveille l'imaginaire érotique de la grenade. Il écrit: " Voilà un plat, en revanche, qui paraît avoir été créé pour les couples dont la véhémence, premier stade précommensal de la passion, s'excite au souvenir de la grenade. L'imaginaire érotique s'exalte dans la complexe lenteur qu'implique l'égrenage du fruit, dépouillement graduel pour remonter à la source de tant de pierres précieuses.
Il s'est même trouvé quelqu'un, porté sans doute par un tel déploiement de rubis fruitiers, pour prétendre que la grenade est un fruit de bijouterie. Mamelon ou clitoris, comme la framboise, mais cristallisé, le grain de grenade parsème la sauce de notes ensorcelantes dont l'amant avisé saura opportunément jouer. "