" Tout au long de l'immémoriale histoire de la Chine _ écrit Jean-Marie Bourre dans son ouvrage La diététique de la performance _ bon nombre d'empereurs prirent du ginseng dans l'espoir d'assouvir tant bien que mal les mille concubines de la Cité interdite. Obligation rituelle et quasi protocolaire... Les historiens et les médecins se sont longtemps interrogés sur la toxicité de cette plante qui aurait modifié le cours de l'histoire asiatique, car la plupart des Fils du Ciel mouraient jeunes. Le ginseng au n'aurait-il pas pu provoquer des effets indésirables, à moins qu'il ne s'agisse d'overdose provoquées par les eunuques, rancuniers ou cupides qui trafiquaient gaillardement le infusions de ginseng en y ajoutant de la noix vomique. Car la noix vomique est une plante qui produit la strychnine, un excitant très puissant, mais particulièrement dangereux pour le système nerveux. "

Les premiers Européens à découvrir le ginseng l'ont baptisé la " mandragore de Chine " et lui ont attribué les mêmes vertus de racine de longue vie et d'aphrodisiaque en raison de sa forme en s'appuyant sur un système de correspondances et de signes que la médecine occidentale a rejeté depuis longtemps, mais pratiquait avec l'ancienne théorie des " Signatures ". Selon celle-ci, les vertus cachées d'un animal ou d'une plante sont révélées par leur apparence extérieure. Autrement dit la forme, la texture, et même la couleur d'un produit comestible peuvent indiquer s'il s'agit ou non d'un aphrodisiaque. L'exemple le plus connu porte sur la mandragore, citée dans la Genèse, dont les racines fourchues évoquent de façon étonnante des cuisses d'homme et un pénis. A défaut d'autre choses, iI semble en tout cas qu'en affermissant les nerfs, la mandragore peut avoir comme effet secondaire d'améliorer les performances sexuelles d'un amant trop émotif.

Selon les chinois, le ginseng est un aliment yang, il tonifie et réchauffe, et soigne le yin, il agit plus particulièrement sur le méridien des reins qui englobe les glandes surrénales et les organes génitaux. Il est donc aphrodisiaque, de même que d'autres épices yang telles que le girofle, le gingembre, la ciboule et la ciboulette chinoise, la cannelle, etc., et des aliments tels que les noix, l'igname, le lait de brebis, les viandes de cerf, de chien et de mouton ainsi que leur pénis, les moineaux, les nids d'hirondelle, les oeufs de pigeon, les vers à soie, les concombres de mer, les crevettes, les moules séchées, etc..

Virilité et immortalité vont de pair dans la voie taoïste du Yin et du Yang. Des rapports sexuels fréquents et prolongés, sans émission de sperme, permettent à l'homme de préserver son yang et d'absorber le yin de la femme. Associés à une alimentation adéquate, ils permettent d'augmenter l'énergie vitale, la santé et la longévité.