S'il est une de ses multiples qualités que nulle équipe n'a pu prouver de façon scientifique et indubitable, c'est bien son pouvoir aphrodisiaque, et pourtant ce n'est pas la moindre raison du succès phénoménal de cette racine noueuse chez les Chinois et les autres peuples asiatiques, les Arabes et les Africains et chez nous dès son introduction.
Même dans l'au-delà, au jardin des Délices, les bons musulmans trouveront du gingembre et pourront folâtrer avec de ravissantes houris. " Un mélange de vin exquis et d'eau pure de Zangebir est leur boisson ", dit le Coran, qui précise: " Des enfants doués d'une éternelle jeunesse s'empresseront de les servir; la blancheur de leur teint égale l'éclat des perles. "
Son succès au Moyen âge s'explique autant par sa réputation d'aphrodisiaques que pour ses vertus aromatiques ou médicinales. Selon Sainte Hildegarde de Bingen, " Il rend les hommes lascifs et laisse les femmes, sans défense. " L'école de Salerne vante ses vertus aphrodisiaques en un quatrain célèbre:
Selon Nostradamus, " ... il est indiqué aux estomacs trop froids, ainsi qu'aux personnes qui se sentent dénaturées par l'âge. Mais il est plus profitable encore aux hommes qui ne peuvent remplir le devoir de nature. " Il le recommandait aussi aux femmes incapables d'enfanter par " froideur de matrice. "
La tradition dit que les Portugais qui introduisirent le gingembre en Sierra Leone et en Guinée comptaient fermement dessus pour obtenir un fort taux de natalité dans leurs haras d'esclaves humains.