En Inde, et dans toute l'Asie, le curcuma est tenu en grande estime depuis des temps très reculés. Jaune brillant comme le soleil, il porte bonheur et intervient dans beaucoup de rites agraires ou sociaux, comme promesse de renouveau, de joie et de fécondité. C'est aussi un symbole de pureté. Tout nouveau vêtement devait être teint soit entièrement, soit juste aux coins, pour protéger son porteur du mauvais oeil, de la fièvre et des ulcères.
Les jeunes fiancées du Tamil Nadu s'en parent les paumes des mains, ailleurs les jeunes mariées se mettent sur le visage un maquillage à base de curcuma et de santal. Quand il y a une mort dans une famille hindoue, les parents du mort sont frappés d'impureté temporaire pendant la première période de deuil, et n'ont plus le droit de consommer des produits " purs " tels que le lait ou le curcuma.
Le curcuma fait partie des offrandes appréciées des dieux et tout particulièrement de Ganesh, le dieu de la prospérité à tête d'éléphant. Dans les temples on voit souvent du curcuma sur les petits plateaux à offrandes, parfois répandu sur les petites piècettes que l'on offre. " Haridra ", c'est-à-dire curcuma, est un des épithétes dont on qualifie Ganesh, Haridra-Ganapati. Dans les rituels villageois à défaut de statue de Ganesh, un petit monticule de curcuma suffit à symboliser sa présence.
Le curcuma est utilisé en Asie, en Inde, en Indonésie, en Malaisie... pour la purification des lieux de culte. Lors des fêtes du Nouvel An tibétain, le dôme blanc du stupa de Bodnath au Népal est aspergé de curcuma. Tous les douze ans environ, la grande statue jaïniste, haute de 17 mètres de haut de Gomateshvara à Sravanabelgola est ointe devant des millions de fidèles venus de toute l'Inde avec des aspersions d'eau de coco, puis de canne à sucre, suivies d'un flot de lait de vache. Après quoi on répand de la poudre de riz et du curcuma, et des substances épicées médicinales et odorantes.