Elle entra au Moyen Age dans la composition de toutes sortes de vins aromatisés, de philtres d'amour et de charmes pour le retour d'affection aussi bien chez nous que dans les pays arabes comme en témoigne par exemple Les Mille et une nuits.

Certains médecins la considéraient un aphrodisiaque, alors que pour d'autres, c'était tout le contraire, elle était tempérante.

Dans son recueil de contes posthume Sous le soleil jaguar, Italo Calvino raconte l'éveil des sens d'un Italien et de son amie, Olivia, en voyage au Mexique. Dans ce récit où la sensualité de la table et celle de l'érotisme se mêlent constamment, le narrateur écrit qu'un seul brin dans la bouche suffit pour transmettre au nez " une commotion légèrement piquante, comme une impalpable ébriété... " quand Olivia essaie d'identifier dans un plat mexicain l'arôme des feuilles de coriandre qui lui est inconnu. Mais on voit dans la suite du récit que le courant érotique reste dans le domaine culinaire. " Les premiers jours _ écrit le narrateur _ je m'attendais à ce que l'excitation du palais se communiquât rapidement à tous nos sens. Je me trompais cette cuisine était certainement aphrodisiaque, mais en elle-même et pour elle-même... c'est-à-dire qu'elle stimulait des désirs qui cherchaient des satisfactions uniquement dans le domaine des sensations qui les avaient fait naître... "

Aphrodisiaque ou pas, le coriandre entre dans la composition de parfums très épicés qui se veulent érotiques. Comme le Septième Sens de Sonya Rykiel " le parfum de celles qui vivent leurs passions ", à base de coriandre, de cardamome, de girofle, de vanille, d'ambre et de musc, d'angélique, de fruits et fleurs. " Coriandre " de Jean Couturier présenté à sa sortie comme " Le parfum qui fait s'interroger sur la valeur d'une civilisation " est sorti en 1973 avec une publicité pleine de sous-entendus sado-maso. On voyait une femme impassible, immobilisée sur sa chaise, le chemisier arraché, " blessée peut-être mais triomphante ". Coriandre encore dans Kouros de Saint Laurent, Balahé ou K.L. de Lagerfeld.