En raison du grand nombre de ses graines, c’est un symbole de fécondité dans toutes les civilisations.
Les juifs préparent en signe de gratitude un cédrat et un bouquet, le loulav, image de la vie dans ses multiples avatars, composé d'une palme, de trois rameaux de myrte et deux de saule.
Les juifs doivent se présenter au temple, le jour de la fête commémorant la destruction du temple de Jérusalem, en tenant et en agitant le loulav dans la main droite et avec un cédrat, l'ethrog dans la main gauche. Le loulav et le cédrat forment les " quatre espèces " qui, comme l'explique fort bien Colette Estin, dans Contes et fêtes juives, " disent la terre, la fertilité, la stabilité. La forme phallique du loulav et celle féminine de l'ethrog ont développé l'interprétration d'une union symbolique dans laquelle s'écoule le flux divin. Dans la Kabbale, les trois brins de myrte repésentent l'amour, la magnificence et la force et les deux rameaux de saule le triomphe et la beauté, le loulav est "la fondation" incluant l'énergie sexuelle et l'ethrog la royauté. Mais selon une des interprétations les plus courantes, les quatre espèces correspondent à quatre différents types de personnalité existant parmi les juifs. Le goût symbolisant la connaissance, et le parfum les bonnes actions, le cédrat représente ceux qui ont les deux à la fois; le loulav a le goût mais pas de parfum, alors que pour le myrte, c'est l'inverse: le saule, qui n'a ni l'un ni l'autre, est comme les ignorants qui ne commettent même pas de bonnes actions. Dieu a décidé qu'il était impossible d'éliminer le dernier groupe; c'est pourquoi il désire que les quatre espèces soient liées ensemble afin qu'elles se compensent l'une l'autre. "
La palme symbolise aussi la victoire, le saule l'exil d'un peuple humilié, le myrte la virginité et le cédrat l'abondance et la fécondité.
Tradition chinoise:
Par homophonie avec le caractère fou qui désigne le bonheur, le cédrat est un symbole de bonheur et de longévité.
Tradition bouddhiste:
Une variété de cédrat (var. sarcodactylus) est utilisée dans les offrandes bouddhistes. On l’appelle « main de Bouddha » car les cannelures vers le pédoncule évoquent la forme de doigts recourbés.
Tradition hindoue:
Le cédrat est un des attributs de Shiva Maheshvara, « le Grand Seigneur », dieu transcendant, représentation tricéphale qui symbolise les trois fonctions du dieu suprême, responsable de la création, de la conservation et de la destruction de l’univers, dont émanent les formes de Brahma et de Vishnou. Le cédrat, mahulunga, y est le symbole de sa puissance créatrice, la « graine de l’univers ». Une des plus belles représentations en est celle de l’île d’Élephanta que Malraux qualifia de « Seule tête, peut-être, digne de s’appeler Inde. »
Tradition juive:
Dans la tradition juive, le cédrat est le fruit de l’arbre de la connaissance dont Adam mangea le fruit défendu. C’était pour les juifs un arbre sacré dont le fruit n’était pas soumis à la dîme et que l’on portait à la main en entrant dans le temple au cours de la fête commémorant la destruction du Temple de Jérusalem. Les fêtes des Tabernacles, que l’on appelle aussi fêtes des Tentes, fête des Cabanes, ou Souccoth, qui suivent immédiatement celle du Kippour, symbolisent la présence permanente de Dieu aux côtés de son peuple pendant sa marche dans le désert après sa sortie d'Egypte, et tout au long de ses épreuves. Elles correspondent aux Moissons et c'est Moïse qui ordonna de tresser ensemble des rameaux de cédratier, « l’arbre de belle apparence », de myrte, de palmes et de branches de saule pour faire des thyrses.