Europe et Amérique du Nord:
En Alsace, les vignerons mettent des fleurs de capucine dans les tonneaux de Gewürztraminer.

Manger des fleurs n'est pas nouveau surtout en gelées, desserts ou infusions, mais les plats salés à base de fleurs sont tout autre chose. Le général Eisenhower s'enorgueillissait d'avoir cuisiné dans sa jeunesse une soupe de poulet aux boutons de capucine. Les feuilles et les boutons floraux de la capucine relèvent des potages, des salades et des sandwiches. Dans les salades, les capucines s'accommodent bien d'un assaisonnement de vinaigre de cidre et d'huile de maïs avec un soupçon de crème fraîche.

A la belle Epoque, il était très fréquent de mettre des fleurs de capucine et de bourrache dans les salades pour leur saveur et pour le plaisir qu'apporte la vue de leurs couleurs jaunes et bleues. Les graines apportent également un arôme délicieux et insolite aux salades. Les boutons floraux et les graines peuvent être confits en vinaigre ou aromatiser des pickles.

Amérique du Sud:
Outre la capucine, les Mexicains utilisent d'autres fleurs dans leurs cuisine salée, des fleurs jaunes et douces de la courgette dans de la soupe, les fleurs rouge vif de colorin avec des oeufs, les boutons blancs et charnus du yucca en salade, la fleur de mai, la fleur de garambullo, la fleur de l'échinocactus, et celle de l'iris " papillon " sont à l'origine de plats traditionnels succulents auxquelles on peut ajouter, la fleur de la Jamaïque (karkade), celle du gaÏac et du myrte avec lesquelles on prépare des infusions pour faire des boissons glacées. Les grands chefs de la " nouvelle cuisine mexicaine " s'intéressent aussi aux fleurs comme Don Chon qui inventa un thon au chrysanthème dans une sauce de tamarin et Soccoro des raviolis farcis de cuitlacoche (champignons parasites du maïs) et de fleurs de courgette.

Les fleurs dans la cuisine: Bien d'autres fleurs sont comestibles et leurs pétales peuvent être utilisés pour de merveilleuses compositions de couleurs qui surprendront vos amis: coquelicots, dahlias, bégonia, iris, glaïeuls, jonquilles, chrysanthèmes, primevères, pâquerettes, pensées, géraniums des prés à la saveur douce, pétales de rose (enlevez le talon blanc qui est amer), marguerites, vipérine aux petites fleurs bleues parfois roses à la saveur très douce, fleurs d'acacia et de courge, de ciboulette roses, ou blanches pour la ciboulette de Chine, pour n'en citer que quelques-unes.

Les futuristes avec à leur tête Marinetti qui voulait que " tout le monde eut l'impression de manger des oeuvres d'art " se sont également intéressés à la cuisine aux fleurs . Michel Onfray nous rapporte dans Le ventre des Philosophes: " La transgression futuriste qui convie les oeillets dans les préparations de veau trouve son écho dans les recettes végétariennes où l'on invite à préparer des salades de pâquerettes aux oeufs durs, de même que l'on cuisine des fleurs d'aubergine, de capucine, de rose, d'acacia, de violette et de lavande. "