La rareté, la nouveauté, l’origine incertaine et mystérieuse de la cannelle a certainement joué comme pour beaucoup d’autres épices à sa réputation en ce domaine. Cannelle et cannelle de Chine étaient considérées comme de puissants aphrodisiaques par les Anciens.

Les Romains ornaient les temples de Vénus Libentina, la déesse du plaisir charnel, de guirlandes de fleurs de cannelier.

Avant d'être présentée à Assuerus, le roi de Perse, la Juive Edissa, devenue par la suite l'Esther de la Bible, dut se plier à deux rites de purification et de préparation aux ivresses de l'amour: six mois d'étuves parumées, de massages et d'onctions à l'huile de myrrhe, puis six mois de fumigations au styrax, au safran, au nard, à l'oliban et à la cinnamome, avant d'avoir l'honneur de partager la couche royale.

Au Moyen Age, la cannelle a été introduite dans des élixirs, des philtres, des vins aromatisés et utilisée à des fins magiques dans des charmes d’amour et de retour d’affection.

Willy Passini fait remarquer que « certaines recettes laissent penser que plus la préparation était compliquée, plus l’aphrodisiaque était efficace » et il cite une recette dans son ouvrage Nourriture § Amour: : « Un exemple? Prenez des oignons blancs frais, des racines de « testicules de renard » (une once et demi), de la cervelle de moineau (une once), de l’encens, de la cannelle. Pilez les oignons et les champignons jusqu’à obtention d’une pâte que vous passerez au tamis avec la cervelle de moineau. Ajoutez la fine poudre d’encens et de cannelle à la pulpe ainsi obtenue, faites-en des pilules de la taille d’un pois chiche. Vous en prendrez sept avec un bon verre de vin pour ranimer admirablement le coït et les parties génitales".