La casse comme la cannnelle vraie étaient considérées comme de puissants aphrodisiaqes par les Anciens. D'après les Psaumes, le roi David pour plaire à ses dames d'honneur se faisait oindre "d'une huile d'allégresse et parfumait ses vêtements de myrrhe, d'aloès et de casse." Quand il fut séduit par la beauté de Bethsabée qui se baignait, il envoya la chercher et elle ne repartit qu'après s'être purifiée dans un bain très parfumé. Ezechiel et Jérémie dénonçèrent l'excès des parfums qui dissimulaient le péché de chair.

Amour et parfum ont toujours été étroitement liés. La femme égyptienne pour plaire à son mari inondait ses vêtements de parfum et portait des petits sachets de poudre et de graines aromatiques qu'elle mêlait à ses colliers. De nombreux poèmes d'amour témoignent de l'importance des parfums et de leur rôle aphrodisiaque:

Je te laisse voir ma beauté
dans une tunique de lin royal le plus fin
Imprégnée d'essences balsamiques
Et trempée d'essences parfumées

Un jeune homme ordonne à son serviteur de mettre des draps parfumés et parle de sa bien-aimée:

Lorsque je la prends entre mes bras
Et que ses bras m'enlacent
C'est comme au pays de Pount
C'est comme avoir le corps imprégné d'huile parfumée.

Chez les Mésopotamiens, pour sceller des fiançailles, le futur époux devait verser du parfum sur la tête de la jeune fille. Le mari se devait de fournir des parfums à sa femme tout au long de sa vie comme marque d'amour et comme rite de purification. Après des relatons sexuelles, les époux se versaient de l'encens sur tout le corps, puis se purifiaient en faisant brûler des parfums près d'eux.

On lit dans les épigrammes de Martial et d'autres auteurs que le parfumeur Niceros se vantait de ses préparations qui "rendaient le lit heureux et alimentaient la lampe." Ses concurrents comme Cinnamus et Entrapellus s'enorgueillisaient de leurs parfums à la casse et au lierre. Leurs produits parfumés aphrodisiaques se présentaient sous diverses formes: liquide, semi-liquide, pâteuse, en pastilles ou en poudre.
Sur beaucoup de vases peints à partir du 5e siècle avant note ère, on voit représentée la femme à sa toilette. Un Eros ailé, symbole de l'amour, y est repésenté versant de l'huile sur une baigneuse nue, volant au-dessus de la vasque en tendant une couronne de fleurs, ou lui tendant un miroir. Sur les fresques de Pompéi, dans la maison des Vettii, ce sont encore des Eros qui mélangent au mortier l'excipient et l'aromate à proximité des foyers où on prépare l'huile odorante, tandis qu'une femme teste un parfum. Dans une autre fresque c'est aussi un Eros qui agite le contenu d'un vase tandis qu'une femme se fait oindre le bras d'onguent.

Au Moyen Age, la casse comme la cannelle entrait dans la composition de vins aromatisés, d'élixirs et de philtres d'amour, de charmes, de parfums irrésistibles.