( Citrus bigaradia ou aurantium; Angl: bitter orange; All: pomeranze, Esp: naranja amarga; Ital: arancio amaro; Hindi: narangi )

Son origine est incertaine, la Chine ou l’est de l’Inde. L’arbre de la famille des Rutacées du genre Citrus ressemble beaucoup à l’oranger doux. Il est à peine plus petit, avec des piquants acérés cachés sous ses feuilles vertes alternes, persistantes, d’un vert foncé brillant. Les feuilles de cette hespéridée ont un pétiole plus ailé que l’oranger doux et une saveur plus amère. Les fleurs blanches, très suavement parfumées sont groupées par deux ou par trois.

Le bigaradier est plus résistant que l‘oranger commun (Citrus sinensis) et il arrive à Grasse ou ailleurs qu’on le greffe avec de l’oranger doux. Le même tronc peut porter les deux variétés de fruits. Sans compter les nombreuses hybridations. La famille des Citrus ne recule devant rien et fait preuve d'une morale élastique, mariages consanguins et incestes ne leur font pas peur. Les croisements entre bigarade, cédrat, citron, orange, kumquat, mandarine, pomelo, calamondin, ..., eux mêmes croisés entre eux, y sont monnaie courante. Chaque nouvelle invention est aujourd'hui déposée.

Le saviez-vous?
  • Le saviez-vous la clémentine est le résultat d'un mariage entre la bigarade et la mandarine effectué en 1902 en Algérie dans les jardins de l'orphelinat de Misserghin par le père Clément, d'où son nom.

Oranges amères et oranges douces:
Notre oranger doux est connue sous le nom de Citrus aurantium, var; sinensis ou de préférence Citrus sinensis sans que l’on ait la certitude qu’elle appartienne à une espèce différente de l’orange amère, la bigarade. Car il est fort possible que l’orange qui s’est imposée sur nos tables et qui n’a jamais été trouvée nulle part à l’état sauvage, soit le résultat d’un long travail de sélection et de perfectionnement ou d’hybridation entre l’orange amère et un autre agrume. En tout cas elle est très postérieure à l’orange amère, qui a été cultivée très tôt dans tout l’Extrême-Orient et dont la culture est mentionnée dans des textes chinois dès le 2e siècle avant notre ère et dans le traité médical sanscrit de Charaka

Il existe plus d’une centaine de variétés d’oranges, toutes très différentes les unes des autres. Quelques points communs: la peau adhère à la pulpe. Le zeste, l'épicarpe des botanistes, contient des poches vésiculeuses qui renferment l’huile essentielle qui font saillie à la surface. Leurs quartiers sont constituées de cellules géantes longues de plusieurs centimètres qui ne sont autre que des poils transformés qui se regroupent. Devenus pulpeux ces poils, plus ou moins sucrés et riches en acides et en vitamines selon les espèces, naissent de la partie blanche interne de l’écorce que l'on appelle l'albédo et qui est très riche en pectine.

Demi-soeurs de l’orange amères, les oranges douces ont d’abord été introduites en Afrique du Nord et en Espagne dès le 14e siècle par les Arabes. Et parallèlement, c’est à la suite de la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama qu’elles auraient été introduites au Portugal et auraient été acclimatées en Europe par les Portugais 400 ou 500 ans après les bigarades, vers la fin du 15e siècle et le 16e siècle. Dès les premiers échanges avec le Nouveau Monde, les graines d’oranger traversèrent l’Atlantique.

Fruit de roi hautement comestible, avant de s’imposer définitivement sur nos tables, l’orange resta un luxe jusqu’à la première moitié du siècle que l’on offrait pour Noël et que l'on faisait miroiter aux prisonniers.

Nous en avons trois grandes variétés: les navels reconnaissables à leur « nombril » qui représentent plus de 70% de la consommation, les sanguines, plus tardives dont la chair va du rouge sang au pourpre foncé, et les blondes destinées surtout à la fabrication de jus d’orange.