(Andansonia digitata ou suarezensis; Angl: baobab, monkey-bread tree; Hindi: Gorak amli, gorma lichora;
Tamoul: paparapulia, perruka; Cinghalais: aliha gaha)

Le baobab, jadis membre de la famille des Malvacées, appartient désormais à la famille des Bombacées, originaire d'Afrique s'est bien acclimaté en Asie. C'est un des arbres les plus majestueux d'Afrique et d'Asie. Bien qu'il pousse très rapidement dans les zones tropicales sèches, c'est un de ceux qui y vivent le plus longtemps. Le botaniste français Adanson qui lui a donné son nom prétendait avoir vu en Afrique des spécimens de plus de 5000 ans, or le baobab ne vit que quelques siècles.

S'il est de taille moyenne, par contre le diamètre de son tronc est des plus impressionnants et en fait le plus gros, le plus " obèse " arbre du monde. Son tronc dépasse souvent 6 mètres et en atteint même 21 chez un spécimen africain. Ce tronc énorme, gonflé d'eau, se ramifie soudain en grosses branches épaisses. La capacité d'emmagasiner de l'eau des baobabs est certainement la raison de leur survie même après les pires sécheresses et dans les régions arides de type sahélien. Certains arbres adultes stockent jusqu'à 100 gallons d'eau dans leur troncs et sont de véitables citernes. A Madagascar, en période de sécheresse, les habitants coupent l'arbre et le débitent longitudinalement pour faire boire leur troupeau, car un très gros baobab peut contenir jusqu'à 10 tonnes d'eau.

Le baobab porte des feuilles lisses digitées. En été en pleine floraison, on a presque l'impression de voir un champignon géant. Mais les feuilles tombent au début de l'année, laissant un squelette gris décharné presque fantomatique. Les feuilles réapparaissent au printemps. Les bourgeons sont énormes et pendent comme des boules vert pâle, bientôt suivis d'énormes fleurs odorantes d'un blanc crémeux aux étamines à la pointe dorée. Ces fleurs pendantes éclosent soudainement à minuit au mois de juillet et commencent à faner dès la moitié de la matinée. Ce sont les roussettes, de grosses chauve-souris, qui fécondent les fleurs de nuit et permettent aux fruits de se développer.

Les fruits ovoïdes, comestibles, pendent au bout d'un pédoncule comme de grosses mangues. Un arbre aussi gros ne pouvait donner de petits fruits... Ils font de 30 à 50 cm de long et de 10 à 15 cm de diamètre. On les appelle " Pain de singe " ou " Calebasse du Sénégal " en français, " baobab fruit " ou " Judas bag " en anglais. Il faut casser la coque ligneuse en deux parties pour voir que ces fruits brunâtres contiennent des morceaux d'une pulpe blanche, acidulée, spongieuse entourant de petites graines noirâtres, en forme de reins. dans un réseau de filaments rosés assez coriaces. Il sont riches en protéines, en vitamines C, calcium et phosphore, faciles à récolter et très bon marché. Dans les pays à baobab, les enfants en sucent de petites boules comme ils suceraient des bonbons.

Près de Thiès au Sénégal on peut se promener dans une véritable forêt de baobabs. Il existe d'autres variétés de baobabs, l'Andonsonia Gregorii en Australie, et l'Adansonia madagascariensis à Madagascar. Madagascar compte en outre sept autres variétés, toutes endémiques dont le baobab de Suarez à fleurs rouges en forme de tire-bouchon et le boabab fony que l'on trouve dans le bush du sud-ouest, en forme de grosse outre, d'"arbre-bonbonne"... Le plus gros baobab de Madagascar, situé à Mahunga au nod de l'île est de la même espèce que le baobab africain (Adansonia digitata, sa circonférence à la base du tronc dépasse 14 mètres. Le plus beau est dédié au botaniste Alfred Grandidier (Adansonia grandidieri) dans la forêt de l'Ouest autour de Morondava. De cette localité à Belo-sur-Mer la route est bordée de ces "géants élancés, au tronc absolument lisse et nu qui va s'aminçissant pour se terminer par de maigres ramures, ce qui confirme tout à fait l'impression qu'ils ont été arrachés par le Diable et replantés en l'air, comme aiment à le dire les Malgaches. Par la grossièreté de leurs formes, la disproportion de leurs organes, ils évoquent ces jeunes phocomèles, pauvres enfants victimes de la Thalidomide, aux bras réduits à des moignons", écrit Jean-Marie Pelt dans son ouvrage Plantes en péril.