Chine:
L'armoise (Artemisia sinensis) est connue en Chine depuis des temps immémoriaux. et désignée sous les noms populaires d'armoise de feu, herbe des médecins, herbe de l'Empereur Jaune. Symboliquement, l'armoise y est considérée comme purificatrice.

Du vin mélangé à de l'armoise et d'autres herbes est consommé rituellement le 5e jour du 5e mois, le jour de la fête du Duanwujie ou " Double cinq ". Le cinquième mois (variable entre juin et juillet) s'appelle le " mois du poison ", c'est le moment où il faut expulser les pestilences représentées par cinq animaux venimeux qui ne sont autres que le scorpion, le serpent, le crapaud, le lézard et le centipède. C'est pour cette raison qu'ont lieu les rites de purification. Ce jour là, on hache de l'armoise, du saule, du jonc odorant et on les fait macérer dans de l'eau fraîche. Se baigner dans cette eau est supposé vous prémunir des maladies durant toute l'année. On attache aux fenêtres et aux portes des maisons des tiges d'armoise et de jonc odorant, appelé aussi " épée d'eau " en raison de sa forme pointue, censées repousser les mauvais génies. Autrefois c'étaient des petites figurines, soit des hommes, soit des tigres, taillées dans de l'armoise qui étaient suspendues aux portes des maisons pour les protéger des forces malfaisantes. De plus, on tirait des flèches d'armoise contre le ciel, la terre et les quatre directions pour éliminer les forces néfastes. L'armoise était mêlée à la graisse des victimes sacrificielles, et la vapeur parfumée montait vers le ciel.

La feuille d'armoise stylisée, symbole de félicité, fait partie des " huit objets précieux ", des " huit joyaux " du taoïsme devenus au cours du temps l'expression du souhait de vivre dans l'abondance. On les remarque représentés sur un grand nombre d'objets d'art, notamment des vases et des tapis. Ce sont: l'armoise, les anneaux couplés, la perle, les livres, la sapèque, les deux cornes de rhinocéros, la pierre musicale et le losange.