Attention!
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En infusion, l'armoise est conseillée par les phytothérapeutes comme un régulateur du cycle menstruel et des règles, interdite aux femmes enceintes. Elle est conseillée aux femmes qui ont un cycle irrégulier et en cas de règles absentes ou peu abondantes. Prise dans la deuxième moitié du cycle, elle supprime le " syndrome prémenstruel " qui se traduit par de l'irritabilité, de la rétention d'eau, de la prise de poids ou le gonflement des seins... Elle est antispasmodique et calme les douleurs abdominales dues aux règles qui proviennent des spasmes des muscles de l'utérus.
Pour les chimistes, explique le Dr Germain Galérant, auteur de la Médecine de campagne. De la Révolution à la Belle Epoque il est difficile d'expliquer à quoi elle doit sa "réputation stimulatrice des fonctions menstruelles; elle ne contient aucun principe actif susceptible d'allonger le temps de coagulation sanguine, en particulier. En revanche, elle est assez riche en santoline dont les propriétés vermicides sont indéniables..."
Médecine chinoise:
L'utilisation de l'armoise en Chine dans la médecine traditionnelle
pour ses propriétés antispasmodiques emménagogues
et anthelminthiques est consignée dans le Nei Jing et fait appel
à une tradition vieille de 2500 avant notre ère. Elle est
classée parmi les plantes de saveur amère, légèrement
âcre et de nature tiède et tonifie le yang.
Pour la médecine on utilise plutôt les plantes cultivées de qualité supérieure que les plantes sauvages. Elle est cueillie au cinquième jour de la cinquième lune, puis séchée avant d'être finement écrasée. Une fois débarrassée des poussières, elle pourra être conservée pendant plusieurs années. Meng Zi, dit Mencius affirme au 4e siècle avant J.C.: " Pour guérir une maladie qui a duré sept ans, cherche l'armoise conservée depuis trois ans "
L'armoise en fumigation est employée contre les insectes qui piquent, les moustiques notamment, et contre les mouches.
Moxibustion:
Le duvet abondant qui couvre les feuilles sert à faire une espèce
d'amadou dont on façonne des petits cônes dont la taille varie
de celle d'un grain de sésame à celle d'une jujube, appelés
chez nous " moxa ", déformation par les Hollandais du japonais mogusa
qui signifie " herbe à brûler ". On les allume et on les laisse
se consumer sans flamme et lentement, directement ou indirectement par
l'intermédiaire de sel, de gingembre, d'ail ou en fixant le moxa
au bout d'une aiguille déjà insérée au proche
contact de certains points du corps du malade, correspondant aux points
d'acupuncture, aux points des méridiens pour rétablir l'équilibre
perturbé des fonctions vitales. L'interposition d'une lamelle de
gingembre frais est nécessaire pour traiter les maladies de la superficie,
celle d'une lamelle d'ail pour éliminer les troubles de la profondeur
et l'application de sel pour tonifier des vides profonds et aigus. Cette
technique très ancienne, la moxibustion, désignée
dans le Nei Jing comme " venue des contrées du Nord " se révèle
peu douloureuse mais très efficace dans les cas de " vide ", de
" froid " et " d'humidité " et est très répandue dans
tout l'Extrême-Orient de manière indépendante ou en
combinaison avec l'acupuncture.
On utilise aussi l'armoise en fumigation car " Lorsque le Yang Qi est bloqué en superficie, il faut faire la fumigation... ". Il faut pour cela des boîtiers spéciaux en terre ou en métal dans lesquels on fait se consumer sans flamme de l'armoise.